Partager l'article ! Economie urbaine solidaire: « Composante spécifique de l’économie aux côtés des sphères publiques et marchandes, l’économie solid ...
« Composante spécifique de l’économie aux côtés des sphères publiques et marchandes, l’économie solidaire est l’ensemble des activités économiques soumis à la volonté d’un agir démocratique où les rapports sociaux de solidarité priment sur l’intérêt individuel ou le profit matériel, contribuant ainsi à la démocratisation de l’économie à partir d’engagements citoyens. » (Bernard EME et Jean Louis LAVILLE, sociologues) Se matérialisant par des institutions telles les mutuelles, coopératives ; elle désigne également l’expérimentation de nouveaux modèles économiques tel que le commerce équitable.
Les régies de quartier : actrices de l’économie solidaire
Les élus, les bailleurs, une association de quartier ou des habitants peuvent entreprendre la création d’une association regroupant les acteurs précédemment cités et engagés dans un projet de quartier. Une fois les premiers partenariats formalisés, l’association peut demander sa labellisation en « Régie » auprès du Comité National de Liaison des Régies de Quartier (CNLRQ).
Une régie regroupe donc collectivités locales, bailleurs sociaux et habitants du quartier qui composent son territoire. Ils interviennent sur la gestion urbaine de cet espace géographique. Sa mission technique, précise le CNLRQ est d’entretenir, d’embellir et de veiller sur le quartier, tout en suscitant une « citoyenneté active » par la médiation, la responsabilisation et l’implication des habitants du quartier. Elle exerce une véritable « activité économique qui favorise l’insertion sociale et professionnelle d’habitants en difficulté et l’émergence de nouveaux services ». Il s’agit d’un « fonctionnement économique en circuit court par le réinvestissement dans l’économie locale de l'essentiel des masses salariales dégagées par les activités ».
La régie obtient des contrats auprès des bailleurs et de la municipalité pour des tâches d’entretien d’espaces verts, de gardiennage, de médiation avec des correspondants de nuit ; elle les confient ensuite aux habitants du quartier en difficultés via des CDD/CDI/CAE.
La régie fournit également divers services collectifs (ex. création d’atelier bricolage, écrivain public, location de matériel, reprise de commerces de proximité).
Elle conjugue ainsi plusieurs types de ressources : financement via les marchés contractualisés avec les donneurs d’ordre, le subventionnement sur contrat d’objectif et le bénévolat.
« La survie de la Régie est alors conditionnée par le marché de travail que les pouvoirs locaux, municipalité et bailleurs sociaux accordent à la régie (ménage des parties communes, entrées et sorties des conteneurs à ordures, entretien des espaces extérieurs et des espaces verts, petite maintenance, travaux de second œuvre du bâtiment, gardiennage, services de proximité, médiation…). Il faut que la régie ait du « grain à moudre », alors que son espace économique est toujours limité, menacé par la concurrence des services techniques de la municipalité ou des bailleurs et par la pression des artisans locaux qui estiment que la régie, fiscalement avantagée, leur vole du travail. L’évolution des différents rapports de force peut mettre en danger l’existence de la régie. » (Georges Gontcharoff, conseiller de la rédaction de Territoires).
Précisons que la Capitale compte 7 régies de quartier : Arts et Métiers (3ème); Fontaine au roi (11ème) ; Tela (13ème) ; La Chapelle antennes Nord et Sud (18ème ) ; 19ème Nord ; St Blaise Charonne (20ème).
Une 8ème devant être créée à la rentrée 2010 dans le 12ème, Vallée de Fécamp. Avec comme objectifs : « la propreté, la remise en état de logement ou de hall d’immeuble, l’entretien d’espaces verts… ». Espérons qu’elle s’attache à la revitalisation commerciale des axes telle la rue Claude Decaën et surtout à la médiation-tranquillité au sein des grands ensembles immobiliers sociaux (Tourneux-Fécamp)…